Les Oiseaux des Alpes Maritimes

Les incendies et leurs conséquences

Les incendies ont façonné les paysages. Les conséquences sur l'avifaune et la biodiversité ne sont pas réellement connues. Deux incendies majeurs ont ravagé la région au cours de l'été 2003. Les conséquences sont très différentes

L'incendie des Maures de 2003

En juillet 2003, 9000 hectares de forêt sont détruits dans les Maures.

Consequences immédiates

Au centre de la zone brulée (A), toute la végétation est détruite. Il n'y a plus d'oiseaux. En périphérie immédiate (zone B), des rejets apparaissent sur les chênes après seulement quelques semaines. En périphérie (C), les chênes ont moins souffert. Ils conservent un feuillage sec qui fournit encore abri et nourriture pour une avifaune de vieille forêt (mésanges, grimpereau, geai,...). Les différences entre B et C s'estompent après un an. En A les chênes repartent du pied des chênes; les troncs calcinés restent en place.

Etat initial

Juillet 2003

Novembre 2003

La vie semble renaître. Des rejets apparaissent sur les chênes lièges. Le sol a été lavé de la suie mais il reste dénudé. Les pins, bruyères et les arbousiers sont morts.

Il n'y a pas d'oiseaux

 

Mai 2004

 

La strate herbacée s'est reformée. Elle est dominée par quelques espèces : lupins bleus (Lupinus angustifolia), chardons (Galactites tomentosa) et euphorbes. Une avifaune s'installe. Elle est dominée par deux espèces : le Pinson (34 % des contacts) et le Bruant ortolan (17 % des contacts). Les Fauvettes passerinettes résistent mieux que les Rossignols

Mai 2005

La strate herbacée s'est diversifiée. Des cistes cotoneux et à feuilles de sauge réapparaissent. Les arbousiers et les bruyères repartent à partir des souches. Les chênes retrouvent une frondaison importante; les séquelles de l'incendie s'estompent.Mais l'avifaune reste largement dominée par le Pinson (40 % des contacts). Merles, Alouettes lulus, Mésanges charbonnières et Mésanges bleues reviennent. Quelques Fauvettes passerinettes et Rossignols subsistent dans les fonds de vallon.

Mai 2006

La strate herbacée laisse la place à une strate arborescente dense et constituée de nombreux cistes, quelques genets et de bruyère. Les arbousiers ont plus de mal à repartir.

Les espèces du maquis (Merle noir, Fauvette passerinette, Rossignol, Mésange charbonnière) se réinstallent. Les Bruants ortolans ne subsistent que dans les zones les plus dégradées.

 

   

 

L'incendie de Lucéram de 2003

L'incendie de 2003 a détruit 600 hectares de forêt entre le village de Lucéram et la crête de Braus. Les conséquences de cet incendie sont plus graves que dans les Maures pour deux raisons. La forêt était une forêt de pins sylvestres qui ne repoussent pas après un incendie. La reforestation ne peut se faire qu'à partir des graines enfouies dans le sol ou par plantation. Le sol, dégradé par les incendies précédents n'est plus capable de nourrir une strate herbacée. Deux ans après, le spectable est toujours aussi désolant. Tout semble mort. Quelques rejets émergent des pieds de buis. Les oiseaux ne sont toujours pas revenus. La désertification est en route.

 

Septembre 2003

(Crête du col de Braus)

Mai 2005

(Col de la Porte)

 

Une première conséquence des incendies : L'érosion des sols

L'érosion accélérée des sols par les eaux de ruisselement est une conséquence directe des incendies. Elle est parfois aggravée par le passage des motos dites "vertes", ici dans le Massif des Maures.

 

 

 

 

 

 

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