Les oiseaux des Alpes Maritimes

Origines de la diversité topographique

Une caractéristique essentielle des milieux méditerranéens est l'extrême diversité des paysages. Cette diversité est particulièrement importante dans les Alpes Maritimes. C'est l'une des raisons de la richesse de la flore des Alpes Maritimes. Près de 2700 espèces de plantes ont été identifiées, soit presque la moitié de la flore française. C'est aussi une raison à la richesse de l'avifaune.

Notion de grain

L'hétérogénéité du milieu se traduit par un "grain" auquel les espèces sont plus ou moins sensibles. Le grain est plus fin à l'est des Alpes Maritimes. Le département du Var, les régions limitrophes d'Ubaye, du Piémont et de Ligurie sont plus homogènes. Les Maures sont plus homogènes que l'Estérel.

 

 

 

Un petit peu d'humidité au fond d'un vallon favorisera certaines plantes. Mais un Aigle royal qui exploite un territoire de l'ordre de 10 km2 perçoit son milieu de manière différente. Il est insensible au grain "vu" par une orchidée ou un insecte. Certains microhabitats d'origine naturelle ou anthropique permettent l'implantation de certaines espèces:

Une mosaïque de milieux favorise les effets de lisière et l'installation d'espèces qui ont besoin d'arbres ou de buissons pour nicher mais qui se nourrissent à terre (merles, bruants,...). La juxtaposition d'habitats permet aussi les rencontres inhabituelles. Perdrix rouges et bartavelles ont peu de chances de se rencontrer dans la nature. La Perdrix rouge n'aime pas l'altitude et les milieux trop ouverts. L'importance des dénivellés à l'est du département permet parfois aux deux espèces de cohabiter, de se rencontrer et de s'hybrider. Elles donnent alors naissance à des hybrides connus sous le nom de "rochassières". La fragmentation des milieux, qu'elle soit d'origine géologique ou anthropique, crée des "iles continentales" et modifie les mécanismes qui déterminent la structure et la stabilité des avifaunes.

Menaces

L'abandon des pratiques agricoles a tendance à homogénéiser les milieux. Une strate arbustive se développe (ronces, genets) qui peut être temporairement favorable à certaines espèces. Une strate arborescente se développe ensuite. Les milieux se "referment" et évoluent vers la forêt. De manière tout à fait paradoxale, la déprise agricole et la reforestation des zones cultivées (c'est à dire leur retour à l'état qui a précédé l'arrivée de l'homme) ne favorisera pas les espèces méditerranéennes qui sont adaptées aux milieux ouverts. Elle favorisera les espèces assez "banales" que l'on trouve dans toutes les forêts françaises.

L'urbanisation moderne est aussi source d'uniformisation. L'avifaune des vieux villages est bien plus riche que celle de certains villages "rénovés".

 

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