Les oiseaux des Alpes Maritimes

La Biodiversité

La biodiversité désigne la diversité du monde vivant au sein de la nature. Le terme a été utilisé pour la première fois par l'entomologiste E.O. Wilson en 1986. Depuis, le terme est entré dans le language commun. Son utilisation croissante coïncide avec la prise de conscience de l'accélération de l'extinction d'espèces au cours des dernières décennies du XXème siecle. La biodiversité est la variété et la variabilité de tous les organismes vivants.

Décrire la biodiversité, c'est commencer par dresser un inventaire des espèces présentes dans une région, décrire ou et quand on peut trouver l'espèce, estimer les effectifs et suivre leurs évolutions au cours du temps. Décrire la biodiversité est un travail de fond, préalable à toute gestion du patrimoine naturel.

La région méditerranéenne

Le bassin méditerranéen est l'une des 34 zones géographiques dont la biodiversité est remarquable (www.conservation.org). En France, la zone méditerranéenne constitue seulement 10 % du territoire national, mais elle abrite les 3/4 des 102 espèces de mammifères et des 273 espèces d'oiseaux nicheurs recensées. Elle abrite aussi les 2/3 des 4900 espèces végétales.

L'Ecologie : un moyen pour comprendre

L'Ecologie (au sens de discipline scientifique) fournit les concepts nécessaires pour aborder les questions de biodiversité. Par exemple, un projet de recherche en Ecologie pourrait être de comprendre pourquoi la crête désolée de la Scaletta est plus riche en espèces patrimoniales qu'une belle forêt de feuillus à Roquestéron.

 

Crête de la Scaletta (1000 m, commune de l'Escarène). Ce milieu dégradé par le feu et le surpaturage abrite une avifaune particulièrement riche en espèces patrimoniales (Huppe, Alouette lulu, Bruant ortolan, Bruant zizi, Pie grièche écorcheur, Fauvette orphée, Fauvette pitchou).

Gerbière (950 m, commune de Roquesteron). Un exemple de belle forêt homogène mais à l'avifaune "banale" (Pinson des arbres, Mésange charbonnière, Merle noir,...)

 

Les différentes formes de richesse

Certains milieux sont plus riches que d'autres car ils abritent plus d'individus ou bien plus d'espèces. Par exemple, la richesse spécifique (= biodiversité) du Massif de l'Estérel est faible (peu d'espèces y nichent). Par contre les Rossignols y sont plus nombreux qu'ailleurs et cette abondance contribue très probablement à la biodiversité des zones limitrophes (plus). De plus toutes les espèces ne sont pas égales. Certaines attirent plus d'attention que d'autres, car elles sont plus rares, plus menacées. Ce sont des espèces à valeur patrimoniale.

 

Visualiser la biodiversité

La cartographie d'inventaires d'avifaune apporte un nouveau type d'information. Les premières tentatives d'analyse par cartographie de l'avifaune nicheuse à l'échelle d'un pays datent des années 1970. On définit une maille, puis on note les espèces nicheuses dans chaque maille. L'Atlas des Oiseaux Nicheurs de France (1976, 1995) avait utilisé la trame des cartes au 1/50 000° de l'IGN. Chaque carte (1080 pour l'ensemble de la France) avait pour dimensions 20 centigrades de latitude et 40 centigrade de longitude (soit 20 km x 28 km sous nos latitudes). Les Atlas suisses et anglais réalisés à la même époque ont utilisé un trame de 10 km x 10 km. L'Atlas européen couvre toute l'Europe de l'Irlande à l'Oural avec une trame de 50 x 50 km. L'arrivée des récepteurs GPS et l'édition des cartes IGN à quadrillage UTM-WG584 permettent un référençage kilométrique plus précis. La prospection des régions frontalières est aujourd'hui possible grâce à la série des cartes "Alpes sans frontières" de l'IGN.

 

Exemple de cartographie

La distribution du Pinson des arbres dans les Alpes Maritimes. 3680 observations sont reportées sur une trame kilométrique.

Le Pinson des arbres est l'espèce la plus commune des Alpes Maritimes. On la trouve partout ou il y a des arbres, depuis le bord de mer jusqu'à la limite supérieure des arbres dans le Mercantour. La carte montre clairement un déficit de présence dans les zones fortement urbanisées du littoral et la plaine alluviale de l'Argens.

Codes couleurs : Noir : zones non prospectées, Blanc : zones prospectées où au moins un Pinson a été vu ou entendu. Bleu sombre : zones prospectées ou aucun Pinson n'a été noté, Bleu clair : domaine maritime.

 

Quand faut il prospecter ?

La saison de reproduction débute fin Mars sur le littoral, début Mai à 1000 mètres et début Juin à 2000 mètres. Elle se termine mi Juillet en altitude. Ces dates sont indicatives. Bien sûr les oiseaux ne connaissent pas le calendrier et chaque espèce niche au moment qui lui est le plus propice. Les rapaces ont une saison de reproduction très longue et peuvent, pour certains, pondre dès Janvier. Le Beccroisé des sapins se reproduit en hiver, au moment ou les graines de cones sont exploitables. Les Tourterelles turques chantent toute l'année à Nice. Les Canards colverts et les Merles noirs nichent dès le début Mars à Nice. Les secondes nichées d'Hirondelle de fenêtre prennent leur envol à la mi Août dans l'arrière pays. Les Martinets pâles fréquentent encore leurs nids début Septembre à Nice. Certains migrateurs reviennent chez nous en Mars (Hirondelles), d'autres en Mai seulement (Bondrée, Tourterelle des bois, Hypolais).

Limites de la technique

Toute cartographie est une simplification de la réalité. La trame choisie limite la nature des questions que l'on peut aborder (exemple). Les inventaires en présence/absence introduisent un biais en faveur des observations accidentelles. Des Atlas "quantitatifs", plus réalistes sont obtenus en intégrant des informations sur l'abondance des espèces (exemple)

Références

 

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