Les oiseaux des Alpes Maritimes

Acquisitions naturelles

L'avifaune des Alpes Maritimes semble s'être enrichie récemment. Mais on ne sait pas s'il s'agit de gains réels ou la conséquence d'une meilleure prospection ornithologique.

Canard colvert

Il a colonisé pratiquement tous les milieux humides de la côte. Ci contre, deux mâles à droite et une femelle à gauche

Cygne tuberculé

Une espèce sédentaire, qui colonise tous les estuaires. Ci contre, un mâle reconnaissable à la caroncule noire qui orne le dessus du bec.

 

La colonisation est souvent balbutiante. Certaines espèces commencent par estiver, nichent une année ou deux, puis disparaissent sans raison. Exemples : Milan noir, Nette rousse (1999), Canard souchet, Coucou geai, Martin pêcheur, Bruant mélanocéphale,... Une espèce ne s'installe de façon durable que si ses effectifs sont suffisants pour éviter les aléas de la malchance (une reproduction qui n'aboutit pas pour cause de dérangement, un hiver trop froid ou trop pluvieux, un été plus sec, une prédation plus importante,...).

La Pie traverse le Var et colonise Nice

Avant 1990, la pie était abondante à l'ouest de Saint Laurent du Var, mais curieusement absente de Nice, y compris de ses quartiers ouest, comme si le lit du Var constituait une barrière infranchissable. Les Pies ont traversé le Var et ont largement colonisé Nice et sa banlieue. Elles progressent lentement vers l'est et l'arrière pays niçois et atteignent San Remo.

Carte de la distribution des pies en 2003. En vert, les zones colonisées par les pies depuis 1990.

Résolution des cartes 3,5 x 5 km.

L'abondance des pies à Nice ne doit pas laisser penser que ses effectifs explosent partout. Il n'y a pas de pies dans l'arrière pays. Et pendant que les pies colonisaient Nice, ses effectifs français chutaient de 62 % (Projet STOC du Muséum d'Histoire Naturelle). Le déclin observé en France semble surtout concerner les populations rurales.

 

Le Goéland leucophée colonise les villes du littoral

Le Goéland leucophée a su s'adapter à l'homme. Il a envahi toutes les villes du littoral de Menton à Fréjus (et Perpignan). Son extension est liée aux décharges à ciel ouvert (par exemple Entressen dans les Bouches du Rhône, la Glacière à Villeneuve Loubet) qui lui fournissent de la nourriture toute l'année. Les toits des immeubles modernes fournissent des sites de nids à l'abri des prédateurs. Le rocher de Monaco est le seul site naturel connu.

La fermeture annoncée des décharges à ciel ouvert devrait limiter les effectifs,... plus certainement que l'arrêt des nourrissages occasionels.

 

Les espèces échappées de captivité

Certaines espèces s'échappent de captivité et s'implantent plus ou moins durablement. Leurs impacts sur l'avifaune locale ne sont pas connus. Deux implantations semblent durer dans les Alpes Maritimes.

Bernache nonnette

Cet individu peu farouche et probablement échappé de captivité a séjourné quelques semaines au printemps 2006 aux Etangs de Villepey. Les populations sauvages de Bernache nonnette nichent au delà du cercle arctique et hivernent en mer du Nord

 

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